Riccardo Licata

Signes & traces

Christo et l'art de l'emballage

© D.R.

Dans le parcours d'un artiste, il y a des rencontres qui comptent plus que d'autres.
Ma rencontre avec Riccardo Licata est de celle-la. En 2005, en visitant le salon Comparaisons, je m'étais reconnu dans la sensibilité du groupe de peintres "Signes et traces". Je décidais de proposer mon intégration dans ce groupe auprès de Riccardo Licata, leur chef. Ce salon a cette particularité.
Il m'invita à venir lui présenter mon travail dans son atelier parisien. C'est avec fierté que je m'exécutais, impressionné et humble face à cet artiste reconnu. Il observa ma peinture avec attention et posant sa main sur une œuvre me dit "ça, c'est bon". Depuis, j'exposais six ans dans le groupe "Signes et traces", honoré d'être à ses côtés.

Riccardo ne cesse pas de nous étonner, par la richesse des ses toiles, chaque année plus belles et profondes, et par sa grande ouverture d'esprit.

Du haut de ses 80 ans, il jette un regard pétillant et gourmant sur la vie et l'art.

Riccardo Licata est né à Turin le 20 décembre 1929. Il vécut de 1935 à 1945 à Rome. En 1946, il déménage avec sa mère à Venise. Il dessine déjà et se fait remarquer par Giuseppe Mazzariol, qui le convaint de participer au Liceo Artistico, où il étudie sous Luciano Gasperi et Mario De Luigi. 
Quelque temps plus tard, avec l'aide de l'architecte Antonio Salvatori, Riccardo étudie la culture artistique du Bauhaus et commence le travail de la mosaïque avec le peintre Romualdo Scarpa.

Très vite, l'art devient une passion, il se rend à plusieurs reprises à la Biennale internationale de Venise, le premier après la Libération, où il rencontre les artistes de la Fronte Nuovo delle Arti (Santomaso, Birolli, Pizzinato, Vedova, Guttuso, Turcato, Viani…).

Régulièrement, le jeune artiste assiste à des concerts au Teatro La Fenice et au Festival Musica Contemporanea di à la Biennale de Venise. C'est en 1949 qu'il forme un groupe de jeunes artistes à l'abstraction. Son écriture graphique, pictural, inspiré par la musique prend forme.

En 1950 il s'inscrit à l'Accademia di Belle Arti à Venise, les critiques d'art de Venise (Giuseppe Mazzariol, Giuseppe Marchiori, Umbro Apollonio, Silvio Branzi, Berto Morucchio et Toni Toniato) s'intéressent à son travail.

En 1952, il expose une grande mosaïque à la Biennale de Venise. Un an plus tard, il remporte le Premier Prix de gravure à la Triennale de Milan. L'année suivante, il expose à nouveau à la Biennale de Venise. En 1955, il a été invité à la Biennale de Sao Paulo, au Brésil…

En 1957 Riccardo Licata obtient une bourse et s'installe à Paris comme assistant de Gino Severini dans la chaire de mosaïques. Il fait des voyages fréquents entre Paris et son home-studio de Venise.
Il commence à fréquenter les studios de Stanley Hayter, Johnny Friedlaender et Henri Goetz, ainsi que des artistes et des critiques comme Matta, Brauner, Huntertwasser, Lebel, Jouffroy et les Italiens Tancredi et Mondino…

En 1962, la mosaïque est intégrée à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, où Licata enseigne. Il remporte parallèlement, le Premio Michetti, et en 1975 le premier prix dans la Rassegna della Grafica à Forlì.
Licata prend part aux Biennales de Venise de 1964, 1970 et 1972… et dans les biennales les plus importantes Graphics International (Ljubljana, Tokyo, Mulhouse, Cracovie, Reykjavik , Berlin, etc.)
Il expose à Amsterdam, Barcelone, Bruxelles, Dublin, Gand, Helsinki, Lille, Londres, Malmö, Mulhouse, Munich, Nice, Paris, Sao Paulo, Stockholm, Taipei…

En 1990, l'exposition itinérante en Espagne est particulièrement importante. Organisée par Enzo Di Martino et parrainée par la Caja de Ahorros de Asturias.
Riccardo Licata nous a quitté en 2014, en laissant un grand vide

Il honore plusieurs commandes de mosaïques public :

  • Gênes (Palazzo dei Lavori Pubblici),
  • Bourgoin Jailleu,
  • Sault les Rethel,
  • Lille (Université),
  • Perpignan,
  • Monza,
  • Dozza (Fresco)
  • Reggio Emilia (Camera del Lavoro).

Pour le théâtre, il conçoit les décors et les costumes pour Médée d'Euripide (1978 - Trévise, Teatro Comunale) et pour le ballet Ichspaltung par Giuseppe Marotta (1980-Venise, au Teatro Goldoni).

Ses œuvres sont présentes dans les musées tels que Venise, Milan, Mulhouse, Alexandrie, Rome, Turin, Varsovie, Sao Paulo, Vienne, New York, Stockholm, Florence, Stuttgart, et ailleurs.

Quelques unes de ses œuvres, verre de Murano, pastel sur papier, mosaïque sur panneau de bois…