Trace II
Acrylique sur toile de lin
130 x 130 cm
2008
Une empreinte fragile – la cicatrice persistante d’adhésif laissée exposée à l’air après avoir une fois tenu une affiche contre un poteau.
Le message lui-même a disparu. Il ne résistait pas au temps. Ce qui reste est un résidu – de la colle qui a capturé la poussière environnante, accumulant lentement de la matière jusqu’à ce qu’elle forme une empreinte inattendue.
Ce reste devient une sorte d'empreinte urbaine. Un témoignage silencieux d’un message qui a passé, existé brièvement et s’est dissous dans l’anonymat.
Ce qui a commencé comme une trace accidentelle se transforme en une composition dense et vibrante. L’œil hésite entre les lectures : croissance organique ou signe graphique ? Geste fossilisé ou langage codé ? La surface oscille entre l'érosion et l'émergence, comme si la matière elle-même se souvenait.
Dans cet état suspendu, l'accident devient structure. L'éphémère devient palpable.
La peinture se déroule comme une méditation sur la mémoire – sur ce qui persiste après l’effacement de la communication – et sur l’empreinte fragile de notre passage à travers l’espace urbain.



