Trace XV

Acrylique sur toile de lin
120 x 120 cm
2010

Un autre éclat de peinture sur un portail métallique. Un été à Aix-en-Provence, dans le sud de la France. Une irruption fortuite de matière, insignifiante au premier regard.
Pourtant, c’est l’histoire d’une chute qui n’a jamais lieu. Suspendue entre ciel et mer, la trace flotte dans un équilibre fragile. Elle semble reposer sur le dos, figée en plein mouvement, comme si la gravité avait brièvement suspendu son emprise. Le geste est arrêté — non dans l’effondrement, mais dans l’hésitation.
Une subtile inversion s’opère. Ce qui devrait descendre se met à flotter. La marque s’installe dans son nouvel espace, déliant peu à peu ses contours et se dispersant à ses marges. Elle devient moins une tache qu’une présence — un souffle suspendu entre matière et atmosphère.
Dans cette métamorphose, la trace passe de l’impact à l’ascension. Elle se dissout, s’élève et disparaît progressivement dans le ciel, laissant derrière elle le souvenir silencieux d’un mouvement qui n’a jamais tout à fait eu lieu.