Résurgence
Acrylique sur toile de lin
150 x 150 cm
2012
Cette œuvre trouve son origine dans des traces d'acide accidentelles, découvertes sur une descente d'eaux pluviales en zinc — des marques purement techniques, issues d'un processus industriel de décapage. Fortuites, fonctionnelles, presque invisibles.
Elle naît d'un paradoxe : celui d'une eau confinée dans un conduit rigide, contrainte par le métal et le traitement chimique, avant d'être — idéalement — restituée au sol. Un cycle de circulation interrompu par la maîtrise technique.
En inversant l'image ainsi que sa structure chromatique, le flux se trouve métaphoriquement renversé. Une profondeur aquatique émerge. Ce qui, au premier abord, semblait relever de la corrosion se métamorphose en une présence ascendante. Le résidu devient source de création. La contrainte se mue en expansion.
À cette échelle monumentale, la surface ne témoigne plus d'un accident industriel ; elle devient un champ spatial. Les traînées évoquent des courants sous-marins, des nuages chimiques, une prolifération organique — une tension entre contamination et renouveau.
Résurgence explore la transformation comme une condition intrinsèque de la matière. Ce qui a traversé la structure en conserve la mémoire. Ce qui était autrefois sous contrôle reconquiert le mouvement. L'œuvre saisit cet instant suspendu — entre descente et retour, érosion et émergence — où l'industrie et la nature se chevauchent brièvement, laissant affleurer une poésie inattendue.




