Anish Kapoor

Monumenta 2011, le Grand Palais métamorphosé

Adrián Villar Rojas artiste argentin

En 2011, sous la verrière monumentale du Grand Palais, Anish Kapoor présente Leviathan, une œuvre spectaculaire conçue pour Monumenta.

À l’intérieur de la nef, une immense forme organique rouge sombre transforme radicalement la perception du lieu. Plus qu’une sculpture, c’est une expérience physique et sensorielle : le visiteur est invité à pénétrer dans l’œuvre, à éprouver ses volumes, ses courbes et cette étrange sensation d’immensité qui fait vaciller les repères.

Sculpteur britannique d’origine indienne, associé à la New British Sculpture, Anish Kapoor explore depuis les années 1980 les relations entre matière, couleur, lumière et espace. D’abord constituées de pigments colorés déposés au sol, ses œuvres évoluent vers des installations monumentales où les formes simples, les surfaces incurvées et les cavités semblent ouvrir sur des espaces infinis. Son travail joue constamment sur les frontières entre le visible et l’invisible, le plein et le vide, le matériel et l’immatériel.

Avec Leviathan, Kapoor réalise une œuvre unique, pensée en dialogue avec l’architecture du Grand Palais. La lumière naturelle traverse la verrière, tandis que la peau rouge de la sculpture absorbe et réfléchit les variations lumineuses. À l’extérieur, la masse paraît imposer sa présence dans la nef ; à l’intérieur, elle enveloppe le visiteur et bouleverse son rapport à l’échelle. L’architecture devient ainsi une expérience intime, presque vertigineuse.

Cette installation s’inscrit dans la continuité d’œuvres majeures comme Marsyas (2002), présentée à la Tate Modern, ou Cloud Gate (2004), à Chicago, qui interrogent elles aussi notre perception de l’espace et notre place dans celui-ci. Chez Kapoor, la sculpture ne se limite jamais à un objet que l’on regarde : elle modifie le lieu, engage le corps et ouvre une dimension contemplative.
À travers cette galerie de photographies réalisées lors de Monumenta 2011, je vous invite à retrouver les différentes perceptions de cette œuvre hors norme : ses volumes saisissants, ses passages vers l’intérieur et les transformations qu’elle opère sur l’espace du Grand Palais.

Comme le suggère Anish Kapoor, la matière peut conduire vers l’immatériel. Leviathan en offre une illustration fascinante : une présence monumentale qui, paradoxalement, nous confronte aussi au vide, à l’infini et à nos propres sensations.

Pour en savoir plus

© Anish Kapoor, Leviathan, Monumenta 2011, Grand Palais, Paris. – Photos Laurent Marre